Lui et Eux

Nouvelle histoire : Présentation et prologue.  (Lui et Eux) posté le vendredi 09 janvier 2009 16:49

Titre : "Lui et Eux".

Résumé : Il vit seul. Il est seul. C'est ce qu'ils disent tous. La vérité est toute autre : ---------------il n'est jamais seul puisqu'ils sont toujours là pour lui...

Personnages ( nom de famille d'abord ) :
Ninomiya Kazunari, Sakurai Sho, Koyama Keiichiro, Kato Shigeaki, Akinishi Jin, Kamenashi Kazuya.

( Pour ceux qui les connaissent, faîtes abstraction. Je n'emprunte que leurs noms ^^ )


Précision : Les paroles de Keiichiro, Shigeaki et Jin sont en italique. Les autres paroles ainsi que la narration sont écrites normalement.

 

Image : Screen du clip "Kotoba Yorimo Taisetsu Na Mono" d'Arashi. Voici donc... Sakurai Sho ! Je mettrais des images individuelles... Ou pas XD. En fait, je sais pas XDD...

 

Note de l'auteur : C'est ma première fic' du genre. J'espère qu'elle vous plaira malgré... son étrangeté. Elle ne devrait pas être très longue. Je ne sais pas encore, je n'ai pas fini de l'écrire ^^. Je sens que y a des trucs qui vont vous paraître très bizarres. J'ai hâte de voir ce que vous allez me dire XD. Bisous, bonne lecture =).

 

Prologue :


_ Moooh Keii-chan, je vais être en retard ! se plaignit Kazunari.
_ Héééé ? Qu'est-ce que j'y peux ?! C'est Shige qui t'a pas réveillé à l'heure ! s'indigna Keiichiro.
_ Quoi ? Mais c'est pas vrai ! Jin n'a pas vérifié l'heure pour me prévenir ! s'exclama Shigeaki.
_ C'était THE mission importante du jour, t'aurais pu vérifier l'heure tout seul, se défendit Jin.
_ Arrêteeeez, je suis en retard, en retard, définitivement en retard !
_ Ca veut dire... Qu'on aura pas de petit déjeuner aujourd'hui ? fit Jin d'une toute petite voix.

Shigeaki lui lança un bref regard pour le faire taire. Déjà que c'était de leur faute si Kazunari ne s'était pas réveillé, valait mieux qu'ils n'en rajoutent pas. C'est ce que s'était dit Keiichiro aussi, puisqu'il aidait Kazunari à retrouver toutes ses affaires.

_ Là ! Ta cravate est cachée sous cette pile de magazines... D'ailleurs, c'est quoi ces magazines ? Y en a trop, vaudrait mieux que...
_ Keii-chan... dit Kazunari d'une voix menaçante.
_ Euh, ce n'est pas ton sac de cours, là, sous ton lit ? coupa Shigeaki pour éviter un meurtre.

Finalement, après toutes ces péripéties, Kazunari était fin prêt. Son uniforme était impeccable, bien qu'il n'arrêtait pas d'arranger un pli imaginaire. Les trois autres étaient épuisés, ils avaient dû courir dans tous les sens pour ne pas se faire renverser par la tornade qu'était Kazunari. D'ailleurs, le visage de ce dernier, qui jusque là, était contracté par le stress de sa rentrée des classes, s'éclaira soudain.

_ Oh ! Je viens de me rappeler ! Mince, je...
_ Pas l'temps de parler, t'es en retard ! Il est déjà quarante-cinq ! le coupa Keiichiro.
_ Keii-chan je...
_ Tu es à plus de vingt minutes de marche, ça devrait aller en courant, si tu pars immédiatement ! l'interrompit Shigeaki.
_ Shige, tu sais...

Jin s'approcha de lui, le força à faire demi-tour et le conduit jusqu'à la porte. Résigné, Kazunari l'ouvrit et en franchit le seuil. Il fit un léger signe de main à ses trois comparses qui l'observaient, eux-même rongés par le stress de savoir si leur petit protégé s'en sortirait bien à son premier jour de lycée. Kazunari ferma la porte et traversa le couloir sans se presser.

_ J'aurais dû leur dire que j'ai avancé les pendules hier soir... Justement pour arriver en avance...

Il sourit, songeant que s'il leur avait annoncé ça tout à l'heure, après les avoir fait tourner en bourrique, ils lui auraient passé un savon. Il quitta alors son immeuble, le coeur léger, mais le poids du stress toujours présent.

Ils vivaient tous les quatre dans ce minuscule appartement de la belle ville de Tokyo. L'appartement appartenait officiellement à Kazunari, puisqu'il en payait le loyer. Il ne travaillait pas, mais subvenait à leurs besoins. En fait, sa mère était morte il y a trois ans dans un tragique accident de voiture et son père l'avait abandonné peu de temps après, car fou d'amour pour sa femme et sa peine étant trop grande, il renia son fils qui était dorénavant le seul lien qu'il avait avec la défunte, pour tout oublier et tout recommencer. Ce qu'il faisait n'étant pas autorisé, il avait trouvé un appartement à son fils, qui était à l'époque encore au collège, avait déménagé dans une autre ville mais lui réglait son loyer et envoyait régulièrement une pension. C'est à cette époque que Kazunari fit la connaissance de Keiichiro, Shigeaki et Jin, avec qui il avait décidé de partager le peu qu'il avait. Par chance, son père était plutôt généreux. Il devait avoir peur que son fils aille le dénoncer. Mais Kazunari n'irait jamais le dénoncer ; avec ses meilleurs amis à ses côtés, il était le plus heureux du monde et cette situation lui convenait parfaitement.

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Lui et Eux : Chapitre un.  (Lui et Eux) posté le jeudi 15 janvier 2009 19:05

Ndla : Désolée du retard dans les blogs. Semaine chargée... J'ai trouvé le temps de poster ( en fait, j'ai retardé l'heure des devoirs XD ). Il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre, je veux juste montrer leur amitié. Sinon, vos commentaires me font trop plaisir ^^ Merciii =) ( Mirage, tu étais sérieuse quand tu m'as dit que c'était des animaux ?! Oo... XD ). Bonne lecture ! À après-demain XD.

PS : J'ai été super heureuse que mon OS vous ait plu. Désolée pour celui qui a du retard, que j'ai la flemme de recopier. J'essayerais de le sortir pour mon anniv'.

Image : Ninomiya Kazunari.

 

_ Il est où ? Où ? OÙ ?! s'époumona Jin en sautillant sur place.
_ On va le chercher ! Il a dû avoir un problème ! paniqua Keiichiro en faisant de même.
_ Mais vous allez lui laisser le temps de sortir de ce fichu bâtiment à ce pauvre garçon ? soupira Shigeaki.
Les deux surexcités scrutaient la foule d'étudiants avec attention. Shigeaki se passa une main dans les cheveux, nerveux. Il se demandait qu'elle serait la réaction de Kazunari quand il verrait que ses trois amis étaient là. Il leur avait dit clairement de ne pas venir. Mais bon, ils étaient quand même venus. Parce qu'ils s'inquiétaient pour lui ! Ils n'avaient vraiment pas la patience d'attendre son retour pour savoir si cette rentrée s'était bien passée. Ils étaient solidaires, en plus. Si la rentrée de Kazunari avait été désastreuse, ils se devaient d'être là pour leur ami. Ils étaient donc là, devant ce lycée. Soudain, leur visage s'éclaira. Cette tête brune, un peu à l'écart de toutes ces premières années qui quittaient le lycée, n'était-ce pas Kazunari ?
_ Si, si ! C'est lui ! s'exclama Jin, comme s'ils s'étaient tous posés la même question. On fait quoi ? Il va pas nous voir...
_ C'est sûr, on est tellement discrets... répliqua Keiichiro qui s'était calmé et qui appréhendait à présent lui aussi la réaction de Kazunari.
_ On attend qu'il arrive ici, et on l'aborde tranquillement. Surtout, ne pas... commença Shigeaki.
_ NINOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!! hurla Jin, aussi fort qu'il pouvait.
_ ... hurler, il aurait honte de nous, après, termina Shigeaki, à la fois exaspéré et et mortifié en voyant Kazunari relever subitement la tête dans leur direction.
Ce dernier se précipita sur eux. Accusateur, il les fixa de haut en bas.
_ Alors alors ? Raconte ! C'était comment ? Y a des gens que tu connais dans ta classe ? demanda Jin, son attitude similaire à celle d'un enfant.
Shigeaki lui planta son coude dans les côtes pour le faire taire. Keiichiro s'empressa de prendre la parole pour les justifier tous les trois :
_ On sait que tu voulais pas qu'on vienne.... Que tu nous raconterais tout à la maison parce que tu détestes parler dans la rue... Mais comprends-nous ! On était inquiets !
_ En plus, on pouvait pas venir en uniforme, pour que tu sois plus à l'aise... Tu les as eus aujourd'hui ! continua Shigeaki.
_ Tu nous en veux ? pleurnicha Jin.
Kazunari continua de les fixer, avec le même regard. Juste pour les embêter. Comment leur en vouloir ? Tout ce qu'ils faisaient pour lui le rendait terriblement heureux. Ils ne respectaient pas souvent ce qu'il leur demandait, mais au final, il était toujours heureux.
_ On rentre ? fit Kazunari, commençant à partir.
Les autres se regardèrent avec un grand sourire. Le message avait parfaitement été compris, le nouveau lycéen leur avait dit merci. Ils le suivirent, en discutant entre eux, comme d'habitude, sous l'oreille attentive de Kazunari s'autorisant parfois un sourire.
Kazunari n'avait pas vu les regards divers qu'on lui lançait. Il y en avait peu, mais ils étaient présents. Etonnés, peut-être un peu perplexes. Seuls les gens qui le connaissaient depuis un petit moment s'autorisaient des regards mêlant pitié et dégoût.
Une fois la porte fermée, les chaussures enlevées et installé devant son repas, Kazunari consentit enfin à répondre aux questions de ses amis.
_ Comment ça s'est passé ? demandèrent les trois en même temps.
_ Comme chaque année, fit-il, indifférent. Rien de particulier. C'était juste plus long. Normal, vous me direz.
_ T'es avec des gens que tu connais ? le questionna Jin, pendu à ses lèvres.
_ Je n'en sais rien, peut-être. Tu sais très bien que je ne prête aucune attention aux autres élèves. Ils peuvent m'avoir suivi toutes les années du collège et être dans ma classe cette année, que je ne m'en rendrais pas compte.
_ L'emploi du temps ? Il est comment ? demanda Shigeaki.
_ Etrangement bon. Je ne finis jamais à six heures, et je termine la semaine à trois heures.
_ L'uniforme ! s'exclama Keiichiro. Il est beau ? Du moins, assez pour qu'il mérite que je le porte ?
Kazunari éclata de rire. De son sac plein à craquer, il en sortit les uniformes. Quatre au total. Deux d'été, deux d'hiver. [Ndla : Je suis désolée, je ne sais pas du tout comment ça marche... Mais ça m'arrange de faire comme ça. Encore une fois, désolée.]
_ JE PRENDS CELUI D'HIVER ! crièrent Shigeaki et Keiichiro en parfaite harmonie.
_ Chaque année, je me fais avoir... Pourtant, je devrais savoir que quand Keii parle d'uniforme, il faut déterminer qui va avoir droit à celui d'hiver et quels seront les deux qui se les pèleront avec celui d'été... Chaque année, Keii et Shige se proposent en même temps et chaque année c'est à tour de rôle... Cette année, ça devrait être Shige, c'est jamais moi...
Kazunari, Keiichiro et Shigeaki éclatèrent de rire en entendant Jin continuer son monologue de mauvaise foi. Shigeaki désigna l'uniforme et regarda Jin avec un sourire :
_ Tu as raison. C'est jamais toi. Alors pour une fois...
Jin le regarda, la bouche grande ouverte. Il se tourna vers Keiichiro et Kazunari pour avoir la certitude que Shigeaki ne plaisantait pas. Il se leva vivement et lui fit face.
_ CÂLIN ?! s'exclama-t-il en écartant les bras.
Shigeaki se décomposa. Il se mit alors à courir, pour échapper à Jin qui le poursuivait pour le remercier de son geste qui lui avait fait tellement plaisir. Keiichiro se leva et attrapa brutalement Shigeaki par la taille.
_ JIN C'EST BON, JE L'AI !!! cria-t-il en éclatant de rire.
_ TU VAS ME LE PAYER ! hurla Shigeaki quand il était dans les bras de Jin.
Sans comprendre vraiment comment, Jin et Shigeaki finirent par s'écrouler, entraînant Keiichiro dans leur chute. Ils tombèrent sur Kazunari qui, jusqu'à présent, était heureux de ne pas être mêlé à toute cette agitation.
_ Les gars, vous êtes quand même de sacrés boulets... grogna-t-il, lorsqu'il parvint enfin à se relever.
_ Nous aussi, on t'aime. On sera toujours là pour te faire rire, firent ses trois amis en souriant.
Et il ne put s'empêcher de sourire à son tour.

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Lui et Eux : Chapitre deux.  (Lui et Eux) posté le samedi 24 janvier 2009 18:26

Note de l'auteur : Bonjour ou bonsoir. Je ne sais pas comment me faire pardonner. Vous me laissez beaucoup de commentaires, tous très gentils, avec vos idées sur cette fic' ( d'ailleurs j'aime beaucoup lire ce que vous pensez, j'y ai trouvé des idées très intéressantes ! ), avec vos encouragements et tout... Tandis que moi, je ne suis pas capable d'aller sur vos blogs, ne serait-ce qu'une fois par semaine, ni de lire régulièrement vos fictions. J'en suis terriblement désolée. Je fais la tournée des blogs maintenant, vu que demain, je n'aurais pas le temps ^^. Merci pour tout, pour vos commentaires, pour vos intuitions ( auquelles je ne répondrai pas ! Bah oui, sinan, c'est pas marrant, j'vais pas vous dire si elles sont justes ou fausses XD. ), pour votre patiente INIFINIE ! Merci de continuer à me lire =).
Bref, voilà. J'espère que le chapitre vous plaira, même si là... Ca ressemble pas du tout à mon style d'écriture ! XDDD. Moi qui adore faire des chapitres légers avec mes délires à deux balles, j'ai galéré pour celui-là. Ca se dit pas mais bon... J'aime trop ce chapitre. Même si pour l'instant, on ne voit pas le lien avec Nino et les trois autres.
Bonne lecture, bisous et encore merci =).
( Nariel = J'ai pas eu mon Bob l'éponge... Dommage XD. Mais à la place, j'ai eu... Un sac, un porte-monnaie et un cadre... TOUT CA EN BOB L'EPONGE ! PTDRR... Les gens sont toujours choqués quand de mon sac Bob l'éponge, je sors mon porte-monnaie Bob l'éponge et s'ils continuent de me fixer, ils verront que je sors mon portable bien au chaud dans sa protection Bob l'éponge ! XD. J'aime trop Bob, je suis une Bob l'épongophile XD. Bon, il serait temps d'arrêter mes conneries XD Bisous et contente que ça te plaise ! Ta théorie farfelue, je l'ai adorée ! )

Image : Akanishi Jin dans toute sa splendeur, après avoir longuement hésité. ( "Bon, je prends Jin en mode je-fais-baver ou en mode même-sans-le-vouloir-je-fais-baver ?" Grand dilemme, n'est-ce pas ? ) J'ai finalement opté pour la photo où j'le trouve le plus naturel.



Il replaça son menton à sa place initiale, c'est à dire, contre son torse. Il resserra sa prise sur ses jambes repliées contre ce même torse. Il avait osé lever la tête, il avait osé les regarder, il avait osé les défier. Il se mit à trembler. Ca allait être plus douloureux aujourd'hui... Elles allaient encore le torturer. Autant psychologiquement que physiquement. Elles allaient sûrement rester plus longtemps aussi. Histoire de le détruire encore plus.
Car elles étaient là, ces ombres qui le hantaient. Ces ombres, ces formes sombres en face de lui. Ces formes noires qui venaient chaque nuit, inlassablement. Ces ombres qui le détruisaient parce qu'elles constituaient sa plus grande peur et qu'elles en jouaient.
_ Partez... je vous en prie... je n'ai rien fait de mal... je n'ai pas mérité ça... réussit-il à articuler malgré sa gorge nouée.
Aussitôt, il se sentit suffoquer. Il les avait vues bouger. Elles se dirigeaient vers lui, tout ça parce qu'il avait parlé. Il se recroquevilla un peu plus contre ces deux murs qui formaient un angle de la pièce. L'horreur monta soudain en lui lorsqu'il sentit leur présence près de son corps. Son rythme cardiaque et sa respiration s'accélérèrent brutalement. Il inspirait et expirait de grande bouffées d'air mais il avait toujours cette atroce sensation d'étouffer. Ses yeux jusqu'à présents grands ouverts par la terreur semblèrent brûler et il les ferma. Cela ne changeait pratiquement rien puisqu'il avait incliné la tête contre son torse, il fixait auparavant ses cuisses et la pièce étant plongé dans le noir le plus total, qu'il ferme ou non les yeux ne le rendait pas plus aveugle. Par contre, puisqu'il ne se concentrait plus sur ses cuisses, ses autres sens s'étaient affinés et il sentait plus intensément maintenant la présence des ombres à côté de lui. C'est ainsi qu'il entendit plus distinctement leurs murmures, proférant des menaces pour l'instant encore incompréhensibles, de leurs voix sans timbre particulier. Ces voix dont à l'ouïe, on ne pouvait distinguer si elles appartenaient à homme ou femme. De plus, il sentait à présent les battements de son coeur, violents, battre contre sa tempe, faisant souffrir sa tête et lui donnant envie de vomir. Il entendait les formes se rapprocher. Non, il ne les entendait pas. On ne pouvait les entendre. En fait, il les sentait se rapprocher. C'était différent et beaucoup plus angoissant pour lui, parce que les sensations étaient plus intenses. L'une des voix s'éleva soudain, plus forte que les autres mais n'interrompant pas les murmures en fond pour autant. Elle se mit à le menacer. A lui ordonner de faire ce qu'elle désirait. Elle voulait qu'il se fasse mal, qu'il souffre autant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Les tremblements du corps du garçon, jusque là à peu près maîtrisés, se firent incontrôlables et ils étaient plus voyants. Les ombres se mirent alors à parler toutes en même temps, élevant leur voix dans la pièce. Insultes, menaces, sous-entendus... Tout y passait. Il balança alors lentement, du moins autant que les tremblements lui permettaient, son corps d'avant en arrière, en une prière silencieuse. Les voix lui ordonnaient de se venger, de faire du mal aux gens qui ne voyaient pas sa souffrance, qui le laissaient seul. Elles l'injuriaient, le rabaissaient. Elles lui conseillaient de se faire du mal, pour que les autres réalisent sa souffrance ou encore, pour être sûrs d'avoir un impact sur le monde, de se suicider. Son corps fut pris de spasmes en même temps qu'un bouquet de sentiments montaient en lui : colère, tristesse, son désir de blesser, de frapper tous les gens qui auraient le malheur de l'approcher sans l'aider, son envie de disparaître, rien que pour qu'elles disparaissent aussi de sa vie. Ses anciennes peurs refirent alors surface : sa peur d'être épié, sa paranoïa donc, sa claustrophobie, sa peur du noir, sa peur de lui-même et de toutes les choses qu'il y avait dans sa tête...
Les spasmes continuaient et plus ils continuaient, plus il sentait la folie s'emparer de son corps et de son esprit, plus il se sentait perdre le contrôle. Alors soudain, il hurla. Il hurla de rage, de désespoir. Il balança son poing contre le mur, faisant disparaître ainsi les ombres, sûrement satisfaites de leur travail. Il se releva brusquement et manqua de tomber. Ses muscles étaient endoloris d'être restés si longtemps dans la même position. Elles voulaient qu'il se blesse ? Parfait ! Comme d'habitude, il se mutilerait et pendant un moment, elles se calmeraient, même si elles viendraient toujours le voir. Elles ne l'approcheraient plus, elles resteraient à leur place. Il ferait n'importe quoi pour avoir un tant soit peu la paix. L'esprit confus, les yeux remplis de larmes, il se dirigea difficilement dans la cuisine et prit un couteau. Il s'assit alors lourdement à terre et il commença. Sur ses jambes, il enfonça la lame plus ou moins profondément. Il ne put retenir un cri de douleur au milieu de ses gémissements lorsqu'à cause de ses tremblements, la lame était entrée plus que prévu dans son genou. Il  jeta alors le couteau plus loin, le sang éclaboussant le parquet. Il se frappa le torse, autant de fois qu'il fut nécéssaire pour obtenir des bleus. Il quitta la cuisine, marchant inconsciemment sur le couteau, se blessant le dessous du pied. Il retourna dans son lit et observa ses mains, elles aussi mutilées par le couteau. Il revint dans la position qu'il avait un peu plus tôt, cette position qu'il prenait très souvent, pour tenter de se protéger du monde. Ses bras serraient ses jambes pour les rapprocher toujours plus près de son torse. Ses mains se fermèrent alors brusquement sur ses coudes et il se mit à griffer ses avant-bras. Pour ne plus entendre les plaintes et les lamentations qui sortaient de sa bouche sans qu'il ne les contrôle, il plaqua ses mains ensanglantées sur ses oreilles. Il se tirait les cheveux. Il sentit alors les larmes couler sur son visage, bien qu'elles n'eut jamais arrêté et qu'il voulut les essuyer. D'abord doucement, puis lorsqu'il vit que ses sanglots ne s'arrêtaient pas, il commença alors à s'énerver et ses mains griffaient son visage mollement, sans lui faire réellement mal mais laissant tout de même des traces rougeâtres, n'ayant plus la force nécéssaire pour continuer sa tâche avec autant d'ardeur. Le sommeil l'emporta d'un coup, comme s'il craignait qu'il recommence son massacre de lui-même. C'est en se blessant lui-même qu'il évacuait ses pulsions meurtrières qui l'assaillaient si souvent. C'est en se blessant lui-même et en évacuant toutes ses émotions qu'il pouvait paraître normal, devant les gens. C'est comme ça qu'il pouvait avoir des gens près de lui. C'est comme ça que les gens ne remarquaient rien. Lorsqu'il s'endormit, son esprit passa en boucle des détails qu'il préfèrerait oublier mais qui devraient le faire réagir. Des détails comme : Lui, Sakurai Sho, devenant complètement fou à cause des fruits de son imagination. Ces choses qu'il inventait, sans le vouloir, qui le faisait souffrir et qui l'enfonçaient un peu plus dans les ténèbres. Ces choses qu'il n'arrivait pas à faire disparaître. Lui, Sakurai Sho, il avait besoin d'aide, et vite. D'un ami pouvant le comprendre, pouvant l'aider.

_ Bonjour Sakurai ! s'écria d'une voix enjouée la concierge sextagénaire.
_ Bonjour, répondit-il avec son habituel ton neutre.
_ Vous allez bien ? s'enquit-elle.
_ Bien sûr, comme toujours. Pourquoi semblez-vous si inquiète ?
_ C'est que cette nuit... J'ai entendu des cris venant de votre appartement... Ils m'ont réveillée.
_ Oh, j'en suis navré. Vraiment, fit-il en s'inclinant et en se maudissant de ne pas avoir été plus discret. Vous savez que j'invite souvent un ami à venir la maison... D'habitude, nous regardons un film et il s'en va. Là, nous avons regardé un film d'horreur et nous n'avons rien trouvé de mieux que de s'amuser à nous faire peur !
_ Tant mieux alors ! J'ai vraiment eu peur, vous qui êtes si discret d'habitude ! Dans un fond, ça me fait même plaisir de savoir que vous vous êtes amusés ! Mais quand même, vous pourriez éviter de faire partir votre ami dans la nuit... C'est dangereux... Je n'ai jamais compris pourquoi d'ailleurs ! Vous avez peur que je le mange si je vous vois passer devant moi tous les deux un matin ?
_ Nous verrons ça un jour alors. Pour l'instant, on ne va pas trop se voir. Il faut que nous nous remettions des émotions de cette soirée.
_ Vous allez finir par être en retard. Je suis désolée, je parle, je parle et...
_ Bonne journée, lâcha-t-il sans laisser le temps à la vieille femme de continuer.
Il savait que s'il n'était pas parti, il aurait vraiment été en retard. De plus, il était à la fois soulagé et horriblement en colère. Soulagé parce que la gardienne de l'immeuble était toujours crédule au point de croire à ses mensonges loufoques. Ainsi, les soirées comme celles-ci où les ombres étaient plus actives que les autres nuits, il la prévenait toujours qu'un soit-disant ami venait à la maison et qu'il risquait de faire du bruit. Horriblement en colère parce qu'il détestait se faire remarquer, il détestait qu'on lui pose des questions sur ça, ça le gênait terriblement et ça ne faisait que le blesser un peu plus, parce qu'il se rendait compte que vraiment rien n'allait bien dans sa tête.

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Lui et Eux : Chapitre trois.  (Lui et Eux) posté le vendredi 13 février 2009 23:23

Ndla : Désolée du retard (et du court chapitre + du racontage de vie plus long que le chap XD), bonjour ou bonsoir ! C'est une Mimine... HM, Marine (oui restons corrects, évitons les surnoms étranges XD) en SUPER bonne forme qui vient vous parler ! Ma représentation du douze février, au théâtre, s'est super bien passée ! Beaucoup d'amis sont venus me voir, ils m'ont fait super plaisir ! Je repasse mardi.
Bref, je vais me calmer et arrêter de raconter ma passionnante vie (XD désolée, j'avais arrêté un moment mais ça m'avait trop manqué).
Léonie : XD Oui, on a toutes l'air quiches... Enfin, tous. (si, y a un mec ! Mon petit ami XD. On a trop tripé là-dessus tous les deux XD Bref) Moi, je suis blonde. Enfin, châtain. Celle avec les lunettes noires ;). Oula mais ça se voit que t'as pas vu les "Marine's friends" ! J'suis sûrement l'une des pires du groupe, mais y a de beaux cas aussi ! C'pour ça qu'ils partent pas en courant XD. Sont choqués au début puis après... "Cool on a trouvé pire que nous" PTDR.
Mira : Merciiii =). T'inquiète pas, j'suis toujours heureuse que les gens m'souhaitent bon anniversaire, en retard ou pas XD. Oui oui, pour les rêves, je savais ! Non mais j'en ai fait des quatre fois plus bizarres... HM on va éviter de les dire XD. Non mais t'inquiète, moi j'dis, en voyant mes rêves... Mon avenir va être EXCELLENT XDDDD. Héhé, oui, j'étais blonde, de naissance. Avec le temps, mes cheveux ont foncé, et ils sont châtains maintenant. Néanmoins, si la "secrétaire aguicheuse" désigne la folle avec des lunettes noires et sa tenue de mec (n'oublions pas la cravate...) et bien... SACHE QUE C'ETAIT UN HÔTE ! Elle était déguisée en hôte ! Puis c'est parti en cacahuète et elle a viré "Hôte des NewS" d'où le "NewS" écrit sur ses joues ! Non mais ! (PTDR genre la fille qui pète un câble parce que personne ne comprend son déguisement tordu...) Mais Mira, dès le moment où j'ai dit que c'était un hôte cette fille... Je suis sûre que tu savais que c'était moi XD. Marine, la seule à avoir des idées comme ça XDDDDD. P.S : J'assume d'être blonde, même si je ne suis plus blonde. On ne change pas une blonde de naissance comme ça, du jour au lendemain XDDD.
Bisous, merci infiniment pour vos commentaires.

Image : Koyama Keiichiro (sur le tournage de WEEEEK BWAHAHAHA ! Pardon, pétage de câble)



Sho poussa la porte de cette nouvelle classe qu'il devra désormais supporter trois ans. Il constata sans surprise que beaucoup d'élèves étaient déjà présents, bien en avance par rapport au début des cours. Les premiers jours après la reprise des cours étaient toujours comme ça : les élèves se voyaient tôt pour se raconter leurs vacances et autres choses futiles, afin d'avoir moins de choses à se dire pendant les cours. Lorsqu'il entra dans la classe, tous les regards se tournèrent vers lui et le bruit des conversations s'estompa un peu. Il n'y prêta pas attention et rejoignit son pupitre attribué la veille.
_ Bah Sho alors, tu dis plus bonjour ? fit une voix faussement indignée.
Sho releva la tête. Il observa la personne. Vraiment. Il la fixa un moment, les sourcils froncés en signe de concentration.
_ Fais pas cette tête-là ! J'sais bien que ça va être dur pour toi de me supporter pendant trois ans, surtout après toutes ces années de collège ensemble... [Ndla : Au Japon, au lycée, je ne sais pas si c'est pareil au collège, la classe qu'ils ont en entrant en première année, ils doivent la garder jusqu'à leur dernière année...]
Sho fit mine de rire. Ce garçon était dans sa classe au collège ? Il ne s'en souvenait pas. Enfin, si. Sa tête lui disait vaguement quelque chose. Il lui semblait même avoir passé du temps avec lui. Combien, il ne savait pas, mais vu la façon familière dont le garçon l'appelait, Sho eut le tact et la finesse de ne pas lui demander de lui rappeler son nom. Vraiment, ça ne se faisait pas. Il s'en souviendrait peut-être plus tard ou il l'entendrait quand le prof ferait l'appel. Sho tenta tout de même de se rappeler du prénom de ce garçon.
_ Alors, tes premières impressions ? demanda le garçon en s'asseyant à côté de Sho.
_ Grand et trop de monde, admit Sho avec un sourire.
_ Pas très positif ! Et la classe ?
_ J'connais pas grand monde...
_ Tu déconnes ? J'vais t'présenter moi, j'connais tout le monde !
Alors que son camarade déblatérait des choses sans importance, Sho comprenait maintenant pourquoi il avait oublié son prénom. Il arrêta de se torturer les méninges pour ce fichu prénom oublié. Comme s'il allait devenir ami avec ce garçon bavard et extravaguant. Il n'avait pas envie qu'on le présente à tout le monde. Il avait besoin d'aide, oui, de quelqu'un sur qui il pourrait compter, d'un ami, d'un premier ami... Mais ce genre de choses se ressent non ? On voit la personne et on se dit "C'est lui" ou "C'est elle". Surtout dans son cas. Enfin, Sho pensait ça, il ne pensait rien. Ce domaine là n'avait jamais été son fort. Il sortit de ses pensées et entendit juste la dernière phrase de son interlocuteur :
_ Puis, t'as juste l'autre là, Ninomiya Kazunari, à éviter, et c'est bon !
_ Hein ? dit-il en sortant de sa rêverie.
_ Rappelle-toi, je t'avais parlé de ce type... Il était pas dans notre classe mais tout le monde le connait. J't'avais dit qu'il était trop bizarre ce mec...
_ Hm ? fit Sho, plus intéressé à présent.
_ Personne ne l'aime. Il est toujours seul, pas sociable du tout... Quand tu le vois, t'as qu'une envie, c'est détourner les yeux et partir.
Sho fronça les sourcils. Il y aurait donc des gens un peu comme lui ? Mais vu la façon dont son collègue parlait de ce Kazunari, ce dernier ne savait pas se cacher, comme Sho le faisait si bien. La preuve, il le faisait tellement bien qu'il y avait des gens encore assez fous pour se croire son ami.
_ Pourquoi ? demanda-t-il, piqué par la curiosité.
_ Il est dans son monde, tout le temps... Un monde étrange. Observe-le, quand il est tout seul ou quoi. T'auras un choc. Perso, ça m'a choqué. On évite de trop l'approcher, il fait trop de peine. Je pense qu'il va bientôt redevenir le bouc émissaire de la classe.
_ Redevenir ?
_ Il a l'habitude, il l'a toujours été.
Sho sentit une colère étrange monter en lui. Il ne savait pas vraiment pourquoi. Peut-être qu'il ne supportait pas d'entendre ça. Peut-être parce qu'il savait que ce discours pourrait le concerner, s'il ne faisait pas attention. Pour lui, il était normal que ça soit un sujet sensible. Il se calma tant bien que mal.
La porte s'ouvrit à la volée et un garçon entra, les joues rouges. On aurait dit qu'il avait couru pour arriver jusqu'au lycée et que son corps était toujours en ébullition. Sho prit une grande bouffée d'air. Il n'avait pas quitté le garçon des yeux et avait oublié de respirer. Quelque chose d'étrange entourait ce garçon. Pas quelque chose de mauvais, au contraire. Quelque chose d'apaisant, quelque chose en plus.
_ Encore dans son monde... murmura le garçon inconnu.
Sho se remémora alors leur conversation. Chose qui l'étonna lui-même : il ne se rappelait que ce dont il voulait vraiment se rappeler. Il passa outre ce détail et continua son observation du nouvel arrivant. Avec toutes ces choses que lui avait dîtes l'énergumène assis à côté de lui et l'étrange sensation que ce jeune homme dégageait, il l'aurait parié. Il aurait mis sa main à couper que ce garçon, c'était Ninomiya Kazunari.
"C'est lui" pensa-t-il. Pensée spontanée qu'il avait eu.

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Lui et Eux : Chapitre quatre.  (Lui et Eux) posté le dimanche 22 février 2009 19:22

Note de l'auteur : Bonjour, bonsoir ! Et oui c'est... LES VACANCES ! Ce qui signifie pour moi : GLANDAGE DEVANT LE PC ! Donc, (normalement) pas de retards dans la fic', peut-être même de l'avance, qui sait ;). Je devrais avoir le temps de venir vous lire, en plus. Si c'est pas beau, ça XD. Sinon, vous allez constater que ça n'avance pas beaucoup dans la fic'. J'espère que ça vous dérange pas. J'essaye de vous faire comprendre au maximum à quel point mes persos sont désespérés XD. De toutes façons, le prochain chapitre, ça va aller super vite.

Merci encore et toujours pour vos commentaires, ils me feront toujours super plaisir. Bisous à tous et à toutes !

Image : Kato Shigeaki.

 

Affreusement gêné et honteux, Kazunari entra dans la salle de classe les yeux rivés au sol. Il déambula entre les rangées de table pour parvenir à la sienne sans lever le nez. De ce fait, il ne vit pas que les regards étaient tournés vers lui et que des élèves lui cassaient du sucre sur le dos.
_ Ninooooo-chaaaaaan !!!
Kazunari se figea. Les élèves de la classe ne l'avaient pas remarqué, ils avaient abandonné l'idée de l'observer comme un animal en cage et étaient retournés à leur conversation. Seul Sho l'observait. Et il ne manquait pas une miette du spectacle qui s'offrait à lui.
Kazunari tourna les yeux vers l'une des deux portes qui encadraient sa salle de classe, le plus discrètement qu'il pût. C'est là qu'il vit Jin et Keiichiro s'amuser à lui faire des grimaces derrière la vitre. Shigeaki se contentait de les observer et, par compassion envers Kazunari, essayait de ne pas rire. Chose vaine. Le nouveau lycéen dû se mordre la lèvre inférieure pour s'empêcher de rire. Il tentait aussi de calmer sa respiration et le fou-rire qui venait. Il ne réussit qu'à s'étouffer à moitié sous les éclats de rire de ses amis. Plus il les entendait rire, plus arrêter sa toux semblait difficile et plus son visage devenait rouge. Ce qui fit encore plus rire ses amis et surtout Jin avec son rire étrange, ce qui n'améliora pas la situation, au contraire. Si Jin avait un rire plutôt aigu et franchement ridicule, Keiichiro gloussait (ce qui était tout autant ridicule) et Shigeaki avait un ricanement des plus effrayants, presque sadique. Il était alors encore plus dur de retrouver son calme avec ces trois rires. On n'entendait qu'eux, dans le couloir et dans la salle de classe ! En fait, Kazunari était presque content de faire passer son fou-rire en s'étouffant. Même s'il avait l'air bizarre à s'étouffer comme ça, sans rien manger ni boire, c'était toujours mieux que d'être le seul à rire dans cette classe ! Surtout maintenant que ces trois amis rigolaient tellement qu'ils s'étaient assis, non visibles de la salle de classe. Il aurait vraiment fait tâche.
_ Ça va ? fit une voix inquiète.
Ce fut autant un choc pour Kazunari que pour Sho. Ninomiya n'avait pas l'habitude que les autres viennent lui parler. D'habitude, on l'aurait laissé s'étouffer dans son coin. Cette intervention le calma de suite et, honteux, il devint encore plus rouge, si c'était possible. Quant à Sho, c'était la première fois qu'il s'inquiétait réellement pour quelqu'un. C'était la première fois qu'il avait demandé sincèrement à quelqu'un si ça allait. Il avait observé le manège de Kazunari et était arrivé à la conclusion que ce garçon était comme lui ; tous deux étaient différents des autres. En bien ou en mal, peu importait. Sho avait enfin trouvé quelqu'un comme lui. Il ne s'était pas trompé quant à sa première impression au sujet de Kazunari, au contraire. Ce garçon avait quelque chose en plus des autres, quelque chose d'étrange autour de lui. Comme une aura... Oui, une aura plus perceptible que toutes les autres. Une sorte d'aura qui l'avait soulagé, parce qu'il était sûr d'avoir la même. Une aura qui les différencie des autres et les met à part, dans un monde qui n'appartient qu'à eux.
Kazunari ne répondit pas tout de suite à la question. Il leva d'abord la tête et observa le garçon qui le regardait, soucieux. Il ne remarqua même pas que Keiichiro, Jin et Shigeaki s'étaient calmés et qu'ils observaient la scène en fronçant les sourcils, méfiants.
_ Oui. Merci.
Il aurait pu être plus sociable, faire un sourire à ce garçon qui s'était inquiété pour lui, mais Kazunari n'y arrivait pas. Il était persuadé que l'autre lui avait demandé ça juste pour ne pas l'avoir sur la conscience, juste par politesse. Il s'en fichait. Que l'autre fasse ce qu'il veut, qu'il ne lui adresse plus la parole de l'année si ça lui chantait.
_ T'es sûr que tu veux pas boire ? T'es tout rouge.
Cette fois-ci, les trois qui observaient la scène du couloir se levèrent d'un bond. Jusqu'à présent, seuls leurs yeux, leurs fronts et leurs cheveux dépassaient. Ils guettaient la réaction de Kazunari et essayaient de comprendre celle de l'autre garçon. Si Kazunari avait été un garçon comme les autres, ils ne s'en seraient pas formalisés. Mais dans l'état actuel des choses, toute personne venant parler à Kazunari était passée sous rayons X. Parce qu'ils devaient protéger leur ami et qu'ils ne laisseraient personne lui faire du mal.
_ Non merci, ça va aller.
Kazunari détacha son regard de celui de l'autre. Il n'avait pas spécialement envie de continuer la conversation.
_ Je m'appelle Sho. Sakurai Sho, et... Aïe ! Mais qu'est-ce qui te prends ? fit Sho en se retournant vivement vers le garçon avec qui il parlait tout à l'heure.
Ce dernier lui avait donné un coup de coude dans les côtes en murmurant précipitamment "Pourquoi tu lui parles ?". Lorsque Kazunari lui adressa un bref regard, il se sentit gêné et quitta sa place pour rejoindre un groupe de jeunes, plus loin. Il semblait nerveux et ses gestes étaient précipités. L'incompréhension se lut dans le regard de Kazunari.
_ Je sais pas ce qui lui a pris. Excuse-le. Alors ?
_ Ninomiya Kazunari.
Sho hocha la tête. Même si le dialogue était plus difficile avec Kazunari, il préférait. Il préférait lui parler à lui, plutôt qu'à l'autre idiot.
_ Vas-y Nino, tuuuuuuuuu... PEUX LE FAIIIIIRE !!!
Kazunari écarquilla les yeux et tourna sa tête vers l'endroit où ses trois amis criaient. Il vit Jin imiter les pompoms girls.
_ Attrape-nous donc ce pokémooooon !
Ca, c'était Keiichiro qui était tout aussi surexcité que Jin. À côté, Shigeaki qui était beaucoup plus réservé se contentait de crier, par dessus leur vacarme un "Mais vous êtes complètement tarés !". Ca lui rappelait la scène produite un peu plus tôt. La raison pour laquelle il était entré dans cet état dans sa nouvelle salle de classe, c'était parce que sur le chemin, ses trois amis avaient fait les pitres pour le faire rire. Lui, qui détestait ça, il était servi. Il s'était alors mis à courir, pour les distancer. Il s'était limite jeté dans sa salle ! Mais les trois autres n'avaient pas lâché prise.
Kazunari sourit faiblement. Ses amis avaient réussi à le détendre. Ce Sho l'avait rendu terriblement nerveux. Depuis combien de temps n'avait-il pas parlé avec quelqu'un de son âge, autre que ses trois amis ? Cela faisait un moment qu'il avait perdu tout espoir de redevenir sociable, alors cette minuscule conversation l'avait chamboulé. Il ne saurait dire s'il s'était sentit plutôt mal ou bien.
Sho, lui, préférait en rester là, pour aujourd'hui. Tout comme lui, peut-être même plus que lui, Kazunari avait du mal à parler aux gens. Alors Sho irait doucement. Il avait trouvé la personne idéale, son ami, il en était sûr. Peu importe le temps que ça prendrait, ils deviendraient amis. Parce qu'il en avait besoin et qu'il était sûr que Kazunari aussi.

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