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Moi aussi, je te hais : Chapitre 2.  (Moi aussi, je te hais) posté le mardi 07 juillet 2009 20:13

Note de l'auteur : Bonjour ou bonsoir ^^. Demain, patinoire donc je ferais la tournée des blogs jeudi. Je n'ai pas rien de particulier à ajouter...

Merci de me lire, merci de commenter =). En espérant que le chapitre vous plaise.

Image : Je l'avais pas déjà mise ? Bah, peu importe. C'est... MON COUPLE DU MOMENT XD. A gauche : Aiba Masaki. A droite : Sakurai Sho.

 

_ Cristobal, ton ami est là !

Christian entend des bruits de pas précipités. Cristobal apparaît au bout du couloir, l’air radieux. Cependant, dès qu’il le voit, il perd son sourire et pousse un long soupir.

Crois-moi, je suis au moins aussi dégoûté que toi.

Cristobal le fixe, impassible. D’un signe de tête, il lui fait comprendre de les rejoindre, lui et ses amis, dans le salon. C’est au tour de Christian de soupirer. Il se demande si ce seront les mêmes personnes que l’an passé. Dès que Christian entre dans le salon, il sent automatiquement un changement d’ambiance. Il y a quelques visages qu’il reconnait, pour son plus grand malheur. Il va se placer dans un coin de la pièce, le plus loin possible des autres adolescents. Cristobal lance des regards entendus à ses amis, des regards moqueurs.

_ Cristobal, il y a un de tes amis qui ne peut pas venir, crie Cristina.
_ Qui ? Lucas ? C’est le seul qui n’est pas encore présent, répondit Cristobal.
_ Oui, voilà, c’est lui. Il a dit qu’il s’excusait et qu’il t’expliquerait tout lundi.
_ Ok. Dommage, ça sera moins amusant sans lui, fit Cristobal en esquissant un petit sourire.

D’un côté, je me sens soulagé. Ca fait toujours un abruti de moins ici. Mais j’ai un mauvais pressentiment. Peut-être parce qu’ils arrêtent pas de se regarder en souriant. Peut-être parce qu’ils ont tous l’air d’attendre quelque chose.

Peu de temps après, Cristina et Caroline, la mère de Christian, quittent l’appartement. C’est toujours à partir de ce moment que Christian se sent le plus mal à l’aise. Et qu’il se sent horriblement piégé. Mais pour une fois, rien ne se passe comme prévu. Le groupe d’amis passe devant lui en l’ignorant totalement. Ils vont s’enfermer dans la chambre à Cristobal.

Christian poussa un long soupir de soulagement. Il peut enfin se détendre. Il va s’affaler sur un des canapés du salon et sort son mp3 de sa poche. Avant de s’isoler dans son monde, de grands éclats de rire lui parviennent. Exaspéré, il monte le volume de sa musique à fond.

Une bonne heure plus tard, Christian vit arriver dans le salon la bande de jeunes.

Je me disais aussi… Ca pouvait pas durer éternellement.

Il coupe sa musique et se redresse, il fait face aux adolescents, prêt à changer de pièce dès l’instant où ils lui adresseront la parole.

_ Hey, Christian… appelle alors Cristobal.

Et tous ses amis éclatent de rire, lui compris. Christian ouvre de grands yeux, interloqué.

Je ne sais pas quelles saloperies ils ont dit sur moi dans la chambre, mais ils ont dû se déchaîner pour rire juste à l’entente de mon prénom…

Un des jeunes, Alexandre, tombe alors à la renverse. Une fois par terre, il arrête de rire et prononce toute une série de mots sans queue ni tête. Voyant qu’aucun ne réagit, Christian s’approche alors du garçon pour l’aider à se relever quand soudain, il sent une odeur bizarre. Paniqué, il tourne la tête dans tous les sens pour savoir d’où provient l’odeur. Ses réactions font encore plus rire les jeunes. Christian saisit alors par le col Cristobal.

_ Qu’est-ce que vous avez fait, connard ? Vous avez fait cramer quoi au juste ?
_ Caaaaalme… Tu devrais essayer toi aussi…

Ne comprenant pas un traître mot de ce que lui raconte Cristobal, Christian le lâche et se précipite vers la chambre. Il y a de la fumée partout. Mais plus il observe la chambre, plus sa peur diminue. Elle diminue pour en laisser place à une autre.

Il n’y a rien qui crame… Il n’y a pas de flamme. À bien y réfléchir en plus, ça ne sent pas le brûlé. C’est une autre odeur. Ils ont fumé ? Non, ça ne sent pas à ce point une cigarette… Alors ils ont fumé autre chose que des clopes ? Oh putain.

Il fouille un peu la chambre du regard et tombe sur un cendrier plein de grosses cigarettes. Christian comprend vite qu’il s’agit de joints et la peur l’envahit soudain plus brutalement qu’avant. Il comprend également que tous les jeunes dans le salon sont totalement défoncés.

Ca explique bien des choses. Putain, j’arrive pas à croire qu’ils aient fait ça ! Si nos mères rentrent, on est dans la merde ! « On » ??? Comment ça « On » ?! C’est eux qui se sont drogués, pas moi ! Pourquoi je devrais payer avec eux ?! Ils ont qu’à assumer leurs conneries, moi, j’me barre !

Christian quitte alors la pièce, plus énervé que jamais, mais la peur de se faire prendre lui tenaillant le ventre. Il n’entend même pas ce qui se passe dans le salon. Il claque la porte de l’appartement et se retrouve sur la coursive. Il en profite pour souffler un bon coup. Il descend un étage et se retrouve chez lui. Il va s’allonger sur son lit histoire de se calmer un peu. Ce jour-là, il déteste encore un peu plus Cristobal.

Je le hais. Dieu que je le hais ! Espèce de sale bouffon ! Il fait ses conneries avec ses potes à la con et il pense même pas aux conséquences ! Il pense même pas à la merde dans laquelle il se trouvera si sa mère voit ça. Rien que pour ça, j’aimerai qu’il se fasse prendre. Que sa mère le pourrisse comme elle l’a jamais fait. Qu’elle le prive de sortie, le prive de ses potes… Qu’il soit forcé de rester avec moi parce que je suis son « ami » le plus raisonnable. Je crois que dans ce cas-là, je serais heureux de le voir, rien que pour admirer sa tête de dépressif…

Christian continue ses médisances pendant plus d’une heure. À un moment, il a entendu des cris dans le couloir. « Sûrement ces dégénérés » a-t-il pensé. Puis, le téléphone sonne. Dérangé dans son activité favorite, celle de passer ses nerfs sur Cristobal, il décroche, un peu en rogne. Seulement, son humeur change du tout au tout quand il entend les mots prononcés.

« Christian, c’est Cristobal. Je… Je sais qu’on est pas amis mais s’il te plaît. Rends-moi un service. J’ai un gros problème. Mes amis sont partis, si ça peut aider à te convaincre. Monte, s’il te plaît, c’est important ! »

Et Cristobal raccroche. Christian se sent jubiler. C’est la première fois de sa vie qu’il entend Cristobal le supplier. Il a encore envie d’entendre ça. Il est quand même un peu curieux. Sans se poser plus de questions, il se précipite à l’étage au-dessus.

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Moi aussi, je te hais : Chapitre 3.  (Moi aussi, je te hais) posté le jeudi 23 juillet 2009 17:26

Note de l'auteur : Désolée du retard ! Mais normalement, (je dis bien "normalement") le chapitre 4 arrive bientôt ! Et bonjour ou bonsoir aussi ! XD.

Petite précision sur le chapitre : En fait, au départ, Christian ne pensait pas du tout à un piège. Mais vos commentaires m'y ont fait penser... N'empêche, vous êtes méchants avec ce pauvre Cristobal qui n'a rien demandé... Il n'est pas si horrible ! Ca n'est qu'un gamin en pleine crise d'ado PTDR. En plus, le plus horrible des deux, c'est Christian, sans aucun doute. (Moi ? Faire du favoritisme ? Pourquoi vous dîtes ça ? XD)

IMPORTANT : Je voulais savoir... Comme cette fic' ne sera pas très longue, lorsqu'elle sera terminée et avant de commencer "Le Mal Compris" (qui ne sera pas bien longue non plus), je voulais savoir si je pouvais vous poster quelques OS ? Je m'arrangerai pour les finir, je vous enverrai les résumés et vous choisirez lequel vous plaît le plus. Je le diviserai en partie et je posterai des suites régulièrement. Mais si vous préférez avoir "Le Mal Compris" juste après cette fic', ça ne me pose aucun problème ^^.

Bref, merci pour vos commentaires et merci de me lire. Je continue mes tournées de blogs très lentement mais sûrement. Bisous à tous et à toutes =).

Image :  Donc c'est Ku Hye Seon (à gauche) dans le rôle de Geum Jan Di et Kim Hyun Joong (à droite) dans le rôle de Yoon Ji Hoo dans le drama coréen "Boys Before Flowers" ou "Boys Over Flowers" (l'avis est partagé sur le nom).


C’est la première fois de ma vie que je monte ces marches en étant heureux ! Non… Pire… Je frôle la défaillance cardiaque tant je suis rempli de bonheur !

Alors que Christian monte les dernières marches qui le relient au palier de son ennemi, Cristobal, une idée lui effleure l’esprit. Et si tout ça n’était qu’un piège ? Mais l’idée est vite chassée de son esprit. Elle en est même bannie quand Christian aperçoit la mine défaite de Cristobal.

Cristobal est un salaud que je ne peux pas blairer. Mais soyons réalistes, entre lui et moi, il n’y a jamais eu que des insultes. On se fait mutuellement passer des journées de merde, c’est tout. Il n’est pas capable de me tendre un piège et il en est de même pour moi. On est juste des gamins.

Cristobal s’approche de Christian avec un air soulagé qu’il tente de cacher.

_ Tu es venu…
_ Oh que oui… Je n’aurais manqué ça pour rien au monde…

Cristobal fronce les sourcils, interrogateur. Il décide d’ignorer la remarque de Christian et se remet à parler :

_ Je t’explique la situation… En fait euh… Tu vois, mes amis et moi, disons qu’on a… Un peu déconné, tu vois ? Enfin, tu le sais mais… Après ton départ disons qu’on a encore plus déconné…
_ Abrège, viens en aux faits. Qu’est-ce que vous avez foutu ? l’interrompt Christian avec un sourire moqueur.
_ On a foutu le bordel le plus total chez moi. Ma mère rapplique dans une heure trente et tout seul, j’aurais jamais fini.
_ Eeeeeet ??? demande Christian avec un sourire jusqu’aux oreilles.
_ Viens m’aider à nettoyer, s’il te plaît !

Christian éclate de rire. Voyant que Cristobal ne plaisante absolument pas, son rire devient beaucoup plus moqueur. Alors que Cristobal fait demi-tour pour rentrer chez lui, tout en fulminant de rage, Christian reprend son calme et répond, catégorique :

_ Non. J’suis pas ta bonne, bouffon.
_ Mais je te demande pas la lune bordel ! Je te demande juste de m’aider !
_ Donne-moi juste UNE bonne raison de le faire. Ou alors, cite-moi un moment de ma vie où tu m’as aidé.
_ C’est d’la triche, tu ne m’as jamais demandé d’aide ! s’exclame Cristobal, indigné.
_ Parce que moi, je n’ai pas l’habitude d’aller pleurer devant les autres en les suppliant de m’aider !
_ Je n’ai jamais fait ça avec qui que ce soit ! rétorque Cristobal, de plus en plus agacé.
_ Ah bon ? C'est l'impression que tu m'as laissée pourtant. M’enfin, tu ne dois avoir aucune fierté pour venir me demander de l’aide. Pourquoi moi, au fait ? demande soudainement Christian.
_ Parce que t’habites pas loin, que t’es fiable, enfin, sauf avec moi... Et puis parce qu’à l’heure qu’il est, tous mes potes doivent être en train de délirer sur tout et n’importe quoi et que c’est eux qui m’ont foutu dans la merde ! Ils sont sûrement pas en état de nettoyer... Ils ne feraient qu'aggraver les choses...
_ Ca sert à ça les amis. Enfin, « tes » amis. Bon, je retourne chez moi.
_ ATTENDS ! crie Cristobal, faisant se retourner Christian avec des yeux ronds. Je ne t’ai jamais aidé, c’est vrai. Tu n’as pas de raison de m’aider mais… Je te donnerai ce que tu veux ! De l’argent si tu veux !
_ Hm… Disons plutôt que tu me devras une faveur. N’importe laquelle, ok ? propose Christian avec un sourire en coin.
_ Je refuse, vicelard ! Tu vas me demander de faire un truc horrible.
_ Sale quiche. Une faveur, ça n’est pas un gage. Te demander de te ramener à poil au lycée, ça, c’est un gage par exemple. Une faveur, c’est un juste retour des choses. Je t’aide, tu m’aides.
_ Comme si tu avais des problèmes toi, t’es un enfant modèle ! Coincé aussi, si tu veux mon avis, marmonne Cristobal.
_ Je me passerai de tes commentaires. Alors on fait comme ça ? Si un jour j’ai des ennuis, tu m’aideras ?
_ Ouais, ok, s’empresse de répondre Cristobal.
_ Si un jour je tue ta mère pour ne plus t’avoir sur le dos, tu m’aideras à cacher le corps, ok ?
_ Alors déjà que je ne te trouve pas marrant d’habitude, là, encore moins. Si t’as le temps de faire des blagues, t’as le temps de m’aider à nettoyer mon appart’.

Et Cristobal se précipite dans son appartement suivi par Christian. Immédiatement, une forte odeur de tabac se fait sentir. Christian pousse un grand soupir. L’odeur est si forte, si entêtante (Ndla : Je ne sais pas si le mot convient trop mais j’en voyais pas d’autre Oo) que ses habits doivent en être déjà imprégnés. Il lance un regard meurtrier à Cristobal qui continue d’avancer dans le couloir reliant la porte d’entrée aux autres pièces.

Il me doit une faveur, il me doit une faveur… Attends avant de le tuer… Une faveur… Il peut toujours servir… Tu n’as pas longtemps à attendre mon petit Christian… Il te rend service et tu lui tords le cou ! Tu l'étrangles, tu l'étripes, tu l'égorges...

Cristobal entre dans la cuisine. Lorsque Christian y entre à son tour, il ne peut s’empêcher d’écarquiller les yeux à leur maximum, tout en ouvrant la bouche en grand. D’un côté, que Cristobal lui demande de l’aide, ça prouvait que l’appartement n’était pas au mieux de sa forme niveau propreté mais là… Il ne s’attendait pas à ça, c’est le moins qu’on puisse dire ! Le sol de la cuisine était noir de crasse. Non, à bien y regarder, c’était des empreintes de pas. Cristobal et ses amis avaient dû renverser un quelconque produit par terre et avaient marché dedans. « Judicieux. Très intelligent en effet » pensa Christian avec la plus grande ironie dont il n’ait jamais fait preuve. De plus, le pauvre sol collait. Le produit renversé devait être un soda ou autre boisson sucrée du même genre, comme en témoignait la table jonchée de bouteilles à moitié pleines ou à moitié vides. Mais le sol n’avait pas subi que ça. Il était parsemé de…

_ DE PÂTES ? hurle Christian en observant les pâtes crues dispersées dans toute la cuisine.
_ En fait… On avait très faim… Et très soif… Ca a un peu dégénéré en bataille de pâtes… Et d’eau…
_ Oh mais vous êtes deg’ ! Vous vous êtes jetés du coca à la gueule ? demande Christian, dégoûté.

Cristobal ne répond pas. Il se mord les lèvres nerveusement. Il ne reste plus qu’une heure et quart avant que sa mère ne rentre.

Christian continue son inspection. La table n’est pas couverte que de bouteilles. Il y a aussi des couverts. Et il s’aperçoit avec horreur qu’il y a une assiette cassée.

_ Et tu veux qu’on nettoie ce massacre en un peu plus d’une heure ? On y arrivera pas, affirme Christian, défaitiste.
_ S’il n’y avait que ça…

Christian se retourne brusquement vers son voisin. Il fronce les sourcils. Cristobal répond à sa question muette en lui faisant signe de le suivre. Ce que Christian fait presque à reculons. Ils arrivent à l’entrée du salon où Cristobal pénètre. Mais Christian recule d’un pas, secoué par un haut-le-cœur.

_ Ca pue ! C’est quoi cette odeur ?! Ca m’écœure… On dirait une odeur de gerbe, sérieux…
Voyant que Cristobal ne dément pas, Christian recule encore d’un pas en affichant une magnifique grimace de dégoût.

_ Un de tes potes a vomi ? demande-t-il, de plus en plus désespéré.
_ Pas qu’un. Et pas qu’une fois… soupire Cristobal avec fatalisme.
_ Pitié, c’est pas vrai… gémit Christian.
_ Ce sont les deux seules pièces « contaminées », on va dire. Les autres, ils n’y sont pas allés et j’ai rangé ma chambre. À deux, si on se bouge, on peut le faire !
_ Il est hors de question que j’entre dans cette pièce. Rien que l’odeur me donne envie de vomir et on n’a pas besoin que je rajoute ma part de saleté à la pièce. Je vais m’occuper de la cuisine. Toi, tu restes là. Ah et ouvre les fenêtres… Aère. Parce qu’entre l’odeur de shit et de gerbe, ta mère, elle va vite capter, même si l’appart’ est nickel.

Christian retourne à la cuisine tandis que Cristobal accourt vers les fenêtres pour les ouvrir en grand.

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Moi aussi, je te hais : Chapitre 4.  (Moi aussi, je te hais) posté le jeudi 13 août 2009 18:08

Note de l'auteur : OU PAS ! Je suis désolée du retard. Bonjour ou bonsoir sinon ! Que vous réserve ce chapitre ? Une bonne blague pourrie signée Marine que j'ai absolument voulu inclure. Un bisou pour celui ou celle qui la trouve ! (Et là, Marine n'a plus de lecteurs XDDDD) Hm pardon, je plaisantais.

Je vous laisse, encore merci pour vos commentaires, merci de me lire et de ne pas perdre patience, que ce soit pour les retards ou pour les blagues qui ne font rire que moi XD. Enjoyyyyy !!!

Image : À gauche, Sakurai Sho et à droite Aiba Masaki. Parce qu'ensemble, ils forment le SakurAiba et parce que dans une maison hantée, tous les deux, c'est le fou-rire assuré ! (Ca n'explique rien mais vous allez devoir faire avec ! XD)

 

Christian observe la cuisine en soupirant.

_ C’est possible de foutre le bordel à ce point en deux heures ? Non ! Non, j’ai rien dit ! La cuisine ne serait pas dans cet état s’ils avaient été dedans pendant deux heures… Je devrais m’estimer heureux. Ca ? Ca a été fait en dix minutes, même pas… Vu leur état…

Plus loin, Cristobal entend son ennemi parler tout seul. « Pourtant, il a rien pris lui » pense-t-il. Il hausse les épaules. Après tout, tant que Christian l’aide, il s’en fout royalement que ce dernier délire. Justement, Christian arrête de parler tout seul. Du moins, à voix haute.

Okey alors… Faut établir une méthode de rangement. D’abord, la table. Je la débarrasse, je la nettoie, puis je m’occupe du sol… Hey, n’empêche, on croirait que j’ai fait ça toute ma vie ! Ouais euh… Je vais éviter de dire ce genre de conneries à voix haute.

Christian cherche du regard les éléments nécessaires pour nettoyer la pièce. Il ne trouve rien. Il pousse un énième soupir -il n’avait jamais autant soupiré de sa vie-  et se remet à parler :

_ Il faut qu’on m’explique cette situation, parce que je ne la comprends pas moi-même. Je suis en train de nettoyer les conneries d’une bande de drogués, pour rendre service à mon ennemi et j’y gagne quoi ? Une faveur que je n’utiliserais probablement jamais. Effectivement… Je suis étrange. CRISTOBAAAAAAAAAAAAAAAAAL ! hurle-t-il soudainement.

Cristobal sursaute et arrive dans la cuisine, affolé. Il s’approche de Christian, interrogateur mais ce dernier lui intime de ne pas s’approcher plus.

_ Oh putain, tu schmeck le chameau ! s’écrie Christian.
_ Je… Quoi ? Hein ? demande Cristobal, déconcerté.
_ Tu pues quoi !
_ Euh normal, je nettoie de la gerbe, tu t’attendais peut-être à ce que je sente la rose ?
_ Interdiction de m’approcher à plus de deux mètres. Après ton nettoyage, tu vas te doucher, tu brûles tes vêtements aussi.
_ Genre j’vais brûler mes fringues ! C’est un pantalon « Le temps des cerises » !
_ Et moi, j’préfère les framboises. Bref, cessons les tergivi… si… euh… fi… cations…
_ Tergivisifications ? Plus simple : Cessons de tergiverser, se moque Cristobal.
_ … Tu veux que je t’aide, oui ou non ?
_ Je passerai outre le chantage et je réponds oui. Donc venons-en à l’essentiel, veux-tu ?
_ Tu veux que je nettoie avec quoi ? Avec la langue peut-être ?
_ Ca t’éviterait de débiter autant de connerie, marmonne Cristobal dans sa barbe alors qu’il va chercher tout ce qui pourrait être utile à Christian.
_ Pardon ? Je n’ai pas bien entendu ! le nargue Christian. Tu peux répéter ?
_ Rien, rien, j’ai rien dit. Tiens : Sac poubelle, balai, serpillère, seau… Enfin, voilà quoi. C’est bon ?
_ Ouais ouais, pose tout là. T’as pas un autre sac poubelle ? Pour le recyclage ?
_ Mais on s’en fout du recyclage !!!
_ Ah ouais, alors en fait, t’es pourri jusqu’à la moelle.
_ Christian, écoute-moi bien. Avec tes conneries, ma mère arrive dans une heure et cinq minutes. Je suis au bord de la crise de nerf, ok ?
_ C’ma faute peut-être ? Je te signale que ce n’est pas moi qui me suis…

Cristobal quitte précipitamment la cuisine en hurlant « Je sais ! ». Christian, satisfait d’avoir fait péter les plombs à son ennemi, s’attèle à sa tâche.

L’appartement se fait silencieux pendant une trentaine de minute. À la fin de ce laps de temps, Christian pose le sac poubelle plein à craquer dans l’entrée. Cristobal fait de même.

_ Tu finis seulement maintenant ? demande Christian. T’avais deux fois moins que moi à nettoyer, se plaint-il.
_ Ouais mais ça m’écœurait tellement que j’avançais à deux à l’heure, lui répond Cristobal.

Christian hoche la tête, compréhensif. Il propose à Cristobal d’aller jeter les poubelles pendant que ce dernier irait se doucher, ce que l’aîné accepte.

Une fois tout ceci fait, les deux ennemis se retrouvent dans le salon, ne sachant quoi dire. L’ambiance n’est pas aussi lourde que d’habitude. Ils ne se taisent pas parce qu’ils se détestent, ils se taisent parce qu’ils sont fatigués et l’atmosphère reflète ce changement.  Soudain, Cristobal pousse une exclamation horrifiée et se précipite vers la table dressée dans le salon, sur laquelle est posé un gâteau d’anniversaire.

_ Le gâteau ! Comment on va faire pour le gâteau ?! s’écrie Cristobal, paniqué. Il est intact, on y a pas touché !
_ Eh bah tu diras à ta mère qu’on avait pas envie de manger son gâteau… Il a l’air dégueulasse en plus, fait Christian en jetant un vague coup d’œil au dit gâteau.
_ Tu dis ça parce que c’est mon gâteau d’anniv’, c’est ça ? Bref bref. Non mais c’est pas logique… On aurait pas mangé le gâteau mais on aurait dévalisé les placards ?
_ C’est ça l’excuse que tu comptes donner à ta mère ? Que vous aviez faim ? Normal… Vous aviez faim alors en plein milieu de l’après-midi, au lieu de manger des biscuits, ou un gâteau d’anniversaire par exemple, vous avez mangé des pâtes et autres plats consistants du même genre.

Cristobal se décompose. Il blêmit d’un coup et perd toute sa motivation à démentir les propos de Christian. Le cadet lève alors les yeux au ciel et part couper le gâteau. Il met deux parts dans deux assiettes en plastique. Il invite Cristobal à venir s’attabler à côté de lui.

_ Au moins, il sera plus intact, se justifie Christian simplement.

Cristobal sourit faiblement et commence à manger. Ils en sont à leur deuxième part lorsque Christian fait une remarque qui démoralise encore plus Cristobal :

_ Ah, j’espère que ta mère va pas te demander ce que t’ont offert tes amis… Vu qu’ils ne t’ont rien offert.
_ Disons que, le cadeau, on en a profité tous ensemble… murmure Cristobal, déconfit.
_ Oh je vois… Quel suuubliiime cadeau ! ironise Christian.

Finalement, Cristina rentre chez elle. Cristobal est tellement nerveux qu’il en oublie de respirer par moments et Christian doit se retenir de ne pas rire devant un tel comportement.

_ Oh, les autres sont déjà partis ? demande la mère.
_ Euh oui, oui, ils sont partis assez tôt, répond Cristobal, mal à l’aise.
_ Alors, qu’est-ce que tu as eu comme cadeau ?

Cristobal manque de s’étouffer et ne répond pas. Bizarrement, au lieu de se moquer, c’est Christian qui répond à sa place :

_ Ses amis veulent lui offrir un cadeau général… De la part de tout le monde. Mais c’est dur de tous se réunir en vacances… Alors ils ont décidé de lui offrir à la rentrée.
_ Oui, oui c’est ça… souffle Cristobal, stupéfait.
_ Et toi ? Tu lui as offert quoi Christian ? demande Cristina.
_ Ah ! J’avais complètement oublié !

Christian se rappelle que le cadeau que sa mère lui avait donné de force est toujours sur le canapé. Il le prend et le tend à Cristobal en lui souhaitant un joyeux anniversaire. L’aîné se sent troublé. Même si tous deux jouent la comédie, il a vraiment l’impression que l’adolescent qui se tient devant lui est son ami. Il se surprend même à penser qu’il aimerait jouer le rôle de l’ami de Christian plus souvent… Ou pour toujours. Peut-être en a-t-il marre de cette querelle qui dure depuis… Aussi longtemps qu’il s’en souvienne, cette haine avait toujours été présente. Peut-être ce nouvel aspect qu’il a découvert de Christian, cet aspect amical lui plaît. Peut-être les deux.

_ Allô la lune, ici la terre… Tu me reçois ? se moque Christian en observant son ennemi qui est complètement ailleurs.
_ Ah euh… bégaye Cristobal en sortant brusquement de ses pensées. Merci, merci.

Cristobal déballe le paquet cadeau et trouve des vêtements à l’intérieur. Il les regarde à peine. Tout ce dont il a envie, c’est de serrer la main que lui tend Christian pour le remercier. C’est ce qu’il s’apprête à faire mais une question de sa mère lui remet de nouveau les nerfs à fleur de peau :

_ Mais qu’est-ce qu’il s’est passé dans ma cuisine ? Il n’y a plus une seule boisson ! Et il manque des pâtes non ?

Encore une fois, Christian prend les devants :

_ C’est parce que les amis de Cristobal font une fête ce soir… Ils ont demandé s’ils pouvaient prendre des boissons ici, parce qu’on a pratiquement rien bu… Et ils voulaient aussi des pâtes pour le repas qu’ils feraient.
_ Oh d’accord ! Vous avez bien fait. Mieux vaut que les boissons servent à quelqu’un. Nous, on est plutôt classiques, on boit de l’eau…

Cristobal jette un coup d’œil effaré à Christian. « Comment fait-il pour être aussi calme ? Pour répondre aussi facilement ? » se demande Cristobal. « Peut-être parce qu’il n’est pas le coupable dans l’affaire… Il arrive mieux à réfléchir que moi. » pense-t-il.

_ Bon allez, je vais rentrer chez moi ! s’exclame Christian.
_ D’accord, merci d’être venu et merci pour le cadeau Christian, dit Cristina.
_ De rien, au-revoir !

Christian se dirige vers la porte d’entrée. Cristobal se dit que c’est le moment ou jamais et il crie à l’intention de son ennemi :

_ Merci pour ta présence !

Et Christian sourit, parce qu’il sait que Cristobal, malgré ses dires, ne le remercie pas uniquement de sa présence.

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Moi aussi, je te hais : Chapitre 5.  (Moi aussi, je te hais) posté le mardi 25 août 2009 18:32

Note de l'auteur : Bonjour, bonsoir ! Avant tout, je tenais à remercier Cicipouce pour tous les commentaires qu'elle m'a laissée (et un grand merci à tous et à toutes comme d'habitude =D).

IMPORTANT : J'ai remarqué que dans le prologue... J'ai écrit que Christian haïssait VRAIMENT Cristobal alors que vous avez dû vous apercevoir qu'en fait, il ne l'aime pas et c'est tout. J'ai expliqué dans ce chapitre pourquoi =).

Sinon, désolée de m'être inscrustée dans la fic' avec ce cher Jeremy... C'est parce que nous sommes ensemble ! (Ok, à bas les délires pourris qui ne font rire que nous parce qu'ils sont incompréhensibles aux yeux des autres)

Bref, merci de toujours me lire, de toujours me commenter et ce soir... TOURNEE DES BLOGS ! (Non, je ne suis pas malade, je suis capable de faire la tournée des blogs deux fois par mois XD)

Bisous, et j'espère que vous aimerez !

Image : À gauche, voici Ohno Satoshi ! À droite, voilà Ninomiya Kazunari ! Parce qu'ils font parti des Arashi et qu'ensemble, ils forment le Ohmiya SK !


_ ON EST ENSEMBLE !!!

Ce cri, provoqué par deux personnes, soit Christian et son meilleur ami, Jeremy, fait tourner les têtes des étudiants aux alentours qui s’attendent à voir un coming-out. Ils comprennent vite que ce ne sont que deux amis qui sont heureux de se retrouver dans la même classe. Car oui, aujourd’hui est un jour spécial, c’est la rentrée des classes. Mais pas n’importe laquelle ! Pour Christian et Jeremy, c’est leur rentrée en première ! C’est aussi celle de Cristobal mais pour l’instant, le prénom « Cristobal » n’intervient pas dans leur euphorie.

Les vacances s’étaient terminées un peu trop vite au goût de Christian, qui aurait largement préféré rester en vacances à ne rien faire. Contrairement à Cristobal, pour son anniversaire, Christian n’avait pas fait de fête. Tout simplement parce qu’aucun de ses amis ne se trouvait en ville à ce moment-là. Sa mère avait bien évidemment invité Cristobal et Cristina mais au final, l’anniversaire n’avait pas été si raté que ça. Ils avaient même échangé quelques paroles tous les deux, ce qui tenait du miracle !

Quelques jours après le quatorze juillet (le jour de son anniversaire), plus précisément le six août, Christian et Cristobal s’étaient revus. Cette fois-ci, ils n’avaient pas parlé. De plus, le soir, la mère de Christian l’avait bien ennuyé, toujours à propos des mêmes choses, ce qui avait eu le don de l’agacer. Sa sœur avait apparemment décidé que ce serait aussi le jour pour l’embêter et l’avait poussé à bout. Du coup, il avait pris le premier cahier qui lui venait sous la main, et avait écrit des tas de méchancetés sur ce pauvre Cristobal qui, il faut le dire, pour une fois, n’avait absolument rien fait. Mais c’était peut-être ça qui avait tant énervé Christian. Qu’il n’ait rien fait.

Christian et Jeremy sont donc dans la cour de leur lycée, assis tous deux à une table. C’est la première et la seule heure de la journée où ils n’ont pas cours.

_ C’était bien chiant ce matin dis-donc. Je me rappelais pas qu’en seconde, le discours de rentrée était aussi long… fait Jeremy, songeur.
_ Tu rigoles ? En seconde, il durait quatre heures et cette année, il n’a pas duré que trois heures, rétorque Christian.
_ Et tous ces papiers qu’ils nous ont donné… J’suis sûr que mon sac pèse un kilo de plus que quand on est arrivé.

Christian rit. Son meilleur ami a l’habitude de tout exagérer quand il se plaint. Il lui a manqué.

_ Alors, et ces vacances ? demande Christian pour changer de sujet.
_ Bah écoute, je suis allée chez ma grand-mère, avec ma petite amie. C’était sympa, on a bien rigolé.
_ Tu m’étonnes, vous deux, vous êtes inséparables, au lycée, on n’entend que vous, se moque Christian. Aussi taré l’un que l’autre.
_ Qui se ressemble s’assemble, se défend Jeremy.
_ Elle s’appelle comment déjà ?
_ Ah ben sympa l’ami ! Tu retiens même pas le nom de ma petite amie ? Tu verras toi, quand t’en auras une… Elle s’appelle Marine. [Ndla : PARCE QUE NOUS SOMMES ENSEMBLE JEREMY PTDR (Désolée)]
_ Ah oui c’est vrai. Mais elle est pas en ES aussi ? C’est dommage que vous soyez pas ensemble.
_ Bah, elle a pris option anglais… Toi et moi, on est en option maths.
_ À chaque fois que j’entends ça, je me dis qu’on est suicidaires. On est masochistes. Option maths… geint Christian.
_ Et toi, les amours ? demande Jeremy en revenant au sujet initial.
_ Rien de nouveau, ni chez les filles, ni chez les mecs, répond avec fatalisme Christian.
_ Et avec Cristobal ? le taquine Jeremy.
_ Quoi Cristobal ?! On ne s’entend pas je te signale.
_ Pas besoin de s’entendre pour du sexe, non ? demande Jeremy. Quoi ? Hey, ne me regarde pas comme ça, c’est toi qui ne veut pas de relation longue durée et qui est accro au sexe, se justifie-t-il.
_ Ouais bah… À croire que j’ai quand même quelques critères. Comme m’entendre avec la personne et la beauté.
_ Arrête ! Même un hétéro comme moi sait que Cristobal est un canon. Il est grand, il a les yeux verts, les cheveux noirs au possible…
_ Arrête, on dirait Marine quand elle délire sur les Japonais de ses groupes préférés. Ah mais j’oubliais… Toi aussi tu délires sur eux ! s’exclame Christian en éclatant de rire.

Si du côté de Christian et Jeremy, la joie est au programme, du côté de Cristobal, elle est loin d’être au programme. Il savait que la journée serait horrible. Tout d’abord parce que :

-    Il a un emploi du temps horrible.
-    Aucun de ses amis n’a pris la même filière que lui, ils sont tous partis en ES ou en L.
-    Donc il se retrouve dans une classe où il ne connaît personne.
-    Après une petite réunion avec ses amis à la récréation, il a constaté qu’il ne mange jamais à la même heure qu’eux.
-    Que par conséquent, il sera obligé de manger seul.
-    Et de passer tout son temps libre seul.

Cristobal n’a donc plus qu’une chose à espérer… De se faire des amis dans sa nouvelle classe et ça n’est pas gagné, vu que les groupes sont déjà formés.

Son mp3 sur les oreilles, Cristobal déambule dans la cour à la recherche d’une table de libre, afin de s’y installer et de ne rien faire pendant la seule heure de libre qu’il a dans la journée. Aujourd’hui doit être son jour de chance, il n’y en a aucune. Et il ne connait aucunes des personnes qui sont attablées. Enfin, les seuls qu’il connait sont Christian et ce gars loufoque dont il n’a jamais cherché à savoir le prénom. D’ailleurs, ces deux-là rigolent tellement forts qu’on entend qu’eux. Cristobal préfère passer l’heure debout plutôt que d’aller avec ces énergumènes. Mais ce jour n’était absolument pas son jour de chance, bien au contraire, Jeremy l’appelle et lui fait signe de les rejoindre.

_ Pourquoi tu l’appelles ? chuchote Christian à toute vitesse, perdu.
_ Parce que c’est la première fois que toi et moi, on parle de lui sans que tu ne l’insultes, ça m’intrigue, je veux en savoir plus.

L’heure se passe finalement tranquillement, dans une ambiance bonne enfant. Cristobal et Christian se parlent normalement, juste comme deux connaissances, Cristobal connait désormais un peu plus Jeremy et il a appris, pour son plus grand bonheur (bien que quelques semaines auparavant, ça aurait été son plus grand malheur) que leurs emplois du temps coïncident. Ils finissent souvent à la même heure et peuvent manger ensemble presque tous les jours. Ils ont quelques heures de libre ensemble.

Ce n’est toujours pas de l’amitié entre Christian et Cristobal mais ça risque de ne pas tarder. On n’efface pas autant d’années de haine d’un coup. Dire qu’il a fallu que l’un d’entre eux face une bêtise, que l’autre soit trop gentil pour accepter de l’aider à la réparer, pour qu’une certaine complicité s’installe entre eux, après tant d’années.

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Moi aussi, je te hais : Chapitre 6.  (Moi aussi, je te hais) posté le lundi 14 septembre 2009 20:58

Note de l'auteur : Bonjour, bonsoir ! Désolée du retard mais... Euh plus long le chapitre non ? XD. J'ai hésité à le couper en deux parties parce que j'le trouve trop long, mais j'me suis dit que j'allais pas vous faire attendre plus longtemps (pour les rares qui me suivent encore XD). Bref, merci pour vos commentaires, bisous à tous, en espérant que ce chapitre vous plaira.

Image : Ohno Satoshi à gauche et Ninomiya Kazunari à droite. En plein tournage du (superbe) drama Maou où Ninomiya n'apparaît qu'une minute.

 

 

_ On a pas vu Cristobal aujourd'hui... Il est absent ? Demande Christian, légèrement soucieux.

_ Bah... Je l'ai vu ce matin, en arrivant, à huit heures, répond Jeremy, perplexe.

_ Ok, donc on doit comprendre qu'il nous évite ? Soupire Christian.

_ Peut-être qu'il y a eu une modification dans son emploi du temps... tente Jeremy.

_ Non, les modifications se font en début d'année. Ça fait six mois que la rentrée est passée.

 

Christian se sent en colère, il ne sait pas vraiment pourquoi. Cela faisait six mois qu'il entretenait une relation amicale avec Cristobal. Ils avaient réussi à oublier les rancœurs passées et, avec Jeremy, passaient tout leur temps ensemble. Christian peut même affirmer à présent, que Cristobal fait parti de ses amis les plus proches. Depuis l'anniversaire de son ami, tout avait changé entre eux. Ils étaient passés de la haine à une petite complicité. Et c'est une compatibilité d'emploi du temps qui a fini de transformer leur complicité en une amitié véritable. Une métamorphose vraiment rapide et étonnante. À cause de ça, Christian juge le lien qui les unit de « trop faible ». Il dit qu'il pourrait se briser d'un moment à l'autre. Mais n'est-ce pas lui qui rend ce lien aussi faible ? N'est-ce pas lui qui commence à éprouver plus que de l'amitié pour son ancien ennemi ? N'est-ce pas lui qui, avec ses sentiments, pourrait briser ce lien pour en installer un autre, plus fort ou au contraire, plus faible voire même, définitivement le briser ?

 

Mine de rien, la journée file à une vitesse impressionnante et Christian sent son moral baisser à chaque moment de la journée où il est censé voir Cristobal mais où ce dernier ne se montre pas. A-t-il peur que leur amitié ne se brise ? De ne plus le revoir ? Lui-même ne sait pas. Jeremy vient l'interrompre dans ses réflexions en se précipitant à sa table, pendant la pause d'un cours de deux heures.

 

_ Chris, Chris ! J'ai eu des nouvelles de Cristobal ! On m'a dit qu'il ne se sentait pas bien et qu'il est parti quelques heures après le début des cours.

_ Ah bah... Cool ! Répond Christian, sentant son moral remonter à l'idée que Cristobal ne l'ai pas évité délibérément.

_ On va dire ça comme ça. Y a une étrange rumeur qui circule chez ses amis.

_ C'est pas nous ses amis ? Réplique Christian, piqué au vif, un peu jaloux.

_ Il n'a pas que nous comme amis et heureusement pour lui. Bref, tout ça pour dire que ses amis disent qu'il a des problèmes familiaux.

_ Des problèmes familiaux ? S'étonne Christian. Il nous en aurait parlé, non ? Ou alors, ma mère me l'aurait dit, ajoute-t-il.

_ Si c'est vraiment ce que j'ai entendu, je comprends qu'il nous en ait pas parlé... À ce qui paraît, son père les aurait quittés, lui et sa mère... Et ce serait de la faute à Cristobal.

 

Christian fronce les sourcils. Il ne connait pas le père de Cristobal autant que Cristina, puisque que ce dernier part tôt et rentre tard chez lui, à cause de son travail à hautes responsabilités, mais il ne pense pas ce dernier capable de déserter le domicile conjugal. Et encore moins par la faute à Cristobal ! Les rumeurs disent vraiment n'importe quoi. Néanmoins, Christian conserve un petit doute. Une sorte d'appréhension. Parce que Cristobal n'est pas du genre à rentrer chez lui juste parce qu'il ne se sent pas bien. C'est lui-même qui leur avait dit, à Christian et à Jeremy, quelques jours plus tôt, qu'il viendrait à l'école même avec la grippe [Ndla : Si, les masochistes du genre, ça existe. J'en fais partie]. Du coup, le soulagement que Christian avait ressenti un peu plus tôt disparaît totalement.

 

Lorsqu'il rentre chez lui, le soir-même, il hésite fortement à aller voir son ami et voisin. Si Cristobal est malade, d'accord mais si c'est autre chose ? Christian n'est pas doué pour réconforter les gens. Généralement, il les évite jusqu'à ce qu'ils aillent un peu mieux. Mais peut-être... Peut-être ferait-il des efforts pour Cristobal. Des efforts pour lui remonter le moral, si besoin est. Alors que son cerveau se lance dans un débat crucial, sa mère s'installe à côté de lui, sur son lit, le faisait ainsi sortir de ses pensées. Elle a l'air un peu perdue. Triste aussi. Christian ne l'a jamais vue comme ça, il s'inquiète. Ses rapports avec sa mère se sont nettement arrangés depuis qu'il est ami avec Cristobal. Alors qu'il s'apprête à lui demander ce qui ne va pas, elle l'interrompt :

 

_ Christian... Le mari de Cristina est parti. Du jour au lendemain, il a quitté l'appartement, avec toutes ses affaires. Cristobal fait tout pour éviter sa mère. Il croit que c'est de sa faute, parce qu'il est le dernier à avoir parlé à son père. Il ne sort plus de sa chambre. Je... C'est la première fois que je ne sais pas quoi faire pour elle. Enfin, pour eux. Je n'ose pas aller les voir toute seule. J'y suis allée tout à l'heure et je suis repartie avec un prétexte débile...

 

Christian reste bouche-bée. Alors la rumeur est vraie. Le père de Cristobal n'est plus, d'une certaine façon. Il se demande pourquoi un père de famille ferait ça. Il se doute que si Cristina et Cristobal n'ont pas la réponse, il ne l'aura pas non plus. De même s'ils l'ont. Ce ne sont pas ses affaires, après tout, bien qu'il ne pense le contraire. Il se sent étrangement concerné dès qu'il s'agit de Cristobal... Mais la question n'est pas là, il ne doit absolument pas penser à ce genre de chose alors que son ami ne va pas bien. Lui qui redoutait de devoir réconforter Cristobal, il est servi ! Ce n'est pas une petite peine en plus... Si Cristobal est persuadé que son père est parti par sa faute, c'est carrément un poignard qu'il a dans le cœur là ! Ce n'est pas un coup de blues qu'on peut faire passer en disant « T'inquiète, ça ira mieux demain » parce qu'au contraire, demain, la réalité se fera plus brutale, plus percutante. La voix de sa mère le ressort à nouveau de ses pensées.

 

_ Ce qui importe Cristina, pour l'instant, c'est que son fils sorte de sa chambre et qu'il arrête de se dire que c'est de sa faute. Et je pense qu'il n'y a que toi qui puisse faire ça. S'il te plaît, viens avec moi et... Fais ce que tu peux pour Cristobal. Moi, je ferai ce que je peux pour Cristina.

 

Christian n'a même pas réfléchit à la réponse. La peine que Cristobal ressent, même s'il ne peut en aucun cas l'imaginer, il peut la ressentir. Et il veut tout faire pour que son ami aille mieux. Il veut tout faire pour monter encore plus dans l'estime de Cristobal. Il veut tout faire pour que Cristobal l'aime...

 

Finalement, il arrive chez Cristobal. Christian n'a jamais vu Cristina dans cet état, elle a les yeux rougis, le teint blafard et semble prête à s'écrouler d'un moment à l'autre. Christian n'ose même pas imaginer l'état de son ami. Sa mère lui intime silencieusement de rejoindre Cristobal alors qu'elle-même prend Cristina dans ses bras pour la consoler. Alors qu'il marche en direction de la chambre de son ami, il sent son cœur battre plus vite. Si les mots ne sont pas suffisants, ou s'il ne les trouve tout simplement pas, devra-t-il serrer Cristobal dans ses bras ? Christian chasse cette idée de son esprit et toque à la porte de la chambre de Cristobal. Une voix cassée lui crie juste de partir.

 

_ Cris', c'est Chris' ! S'écrit Christian en souriant bêtement à l'évocation de cette blague stupide que Jeremy avait sorti, quelques mois auparavant.

_ Qu'est-ce que tu veux ? Rétorque Cristobal, toujours dans sa chambre.

_ Je t'apporte à manger ! Ment Christian. Tu dois mourir de faim non ? Et ne mens pas, je sais que tu es un ventre sur pattes, ajoute-t-il.

 

Le silence lui répond.

 

_ Bon ok, je ne t'apporte rien à manger. Je suis venu te dire de sortir de ta chambre, d'aller respirer un peu d'air frais et d'arrêter de jouer aux dépressifs, avoue Christian.

_ Ta gueule ! Tu sais pas ce que je vis ! S'exclame Cristobal, sa voix se brisant encore plus.

_ J'ai envie de dire : Quand on s'la joue trop mélodramatique ! Allez ouvre-moi la porte ou j'la défonce.

_ Premièrement : Je n'ai ni envie de te voir, ni envie de te parler. Deuxièmement : Tu n'as pas assez de force. Et troisièmement : Donne-moi une bonne raison de le faire.

_ Si tu n'as pas envie de me voir ou de me parler, ne le fais pas. Parfois, juste une présence suffit. Alors je vais rester devant ta porte, jusqu'à ce que mon humble présence te fasse te sentir mieux et que tu te décides à m'ouvrir !

 

Christian reste au total, vingt minutes devant la porte de Cristobal. Son attente est récompensée lorsque Cristobal lui ouvre la porte, timidement. L'obscurité de la pièce l'empêche de voir dans quel état est son ami. Dans un sens, il préfère peut-être ne pas le savoir. Les yeux de Christian mettent un peu de temps à s'habituer à l'obscurité mais il finit par trouver le lit de son ami et s'assoit dessus. Une seule question franchi ses lèvres, alors que Cristobal, n'a pas bougé, il se tient toujours à côté de la porte :

 

_ Pourquoi ?

 

Cristobal pousse un grand soupir. Pas un soupir agacé. Un soupir de lassitude, pour s'être lui-même trop posé la question. Pourquoi se sent-il coupable ? Il avait fait tout ce qu'il avait pu. Mais même en se disant ça, il ne peut s'empêcher de culpabiliser. De se dire que s'il avait vraiment fait tout ce qu'il avait pu pour empêcher son père de partir, ce dernier serait encore là.

 

Devant le silence qui lui fait office de réponse, Christian soupire. Il sait que ça ne sera pas facile de faire parler son ami... En plus, il ne sait pas comment s'y prendre pour que Cristobal vide son sac. Alors qu'il se torture les méninges pour faire parler Cristobal, ce dernier met fin à son calvaire en racontant toute l'histoire lui-même :

 

_ Hier soir, mon père est rentré plus tôt de son travail. Je trouvais ça assez bizarre, parce qu'il a toujours fait passer son travail avant nous. Il n'a pas donné d'explications. Ma mère est allée faire les courses, pour le dîner. Pendant son absence, j'étais dans ma chambre et lui dans la sienne. Puis j'ai entendu des bruits. Quelque chose qu'on traîne au sol. Je suis sorti pour voir ce qu'il trafiquait et je l'ai vu, valise à roulettes dans la main. Je l'ai regardé étrangement. Il s'est rendu dans le salon et je l'ai suivi. Là-bas, il y avait déjà deux autres grosses valises. Il m'a regardé droit dans les yeux et il m'a dit « Désolé Cristobal. À partir d'aujourd'hui, je ne fais plus partie de ta vie. Oublie juste que tu as eu un père ». Comment tu veux que je réagisse à ça ? J'ai rit. Je lui ai dit qu'un voyage d'affaires, ça n'était pas la mort. C'est stupide non ? Il avait pourtant été assez clair. Mais je refusais juste de voir la vérité en face. Il a poussé un soupir. En plus de la valise à roulettes qu'il traînait, il a pris une des deux valises du salon. Il est allé vers la porte d'entrée et il m'a dit qu'il avait fait une erreur. Que sa vie n'était pas celle qu'il voulait qu'elle soit. Qu'il était désolé pour ma mère et moi mais que, pour son bien, pour être heureux, il devait tout recommencer à zéro. Oublier qu'il avait une femme et un enfant et reconstruire sa vie, ailleurs. Réaliser les rêves qu'il ne pouvait réaliser ici, à cause de nous. Que je ne devais pas être triste. Il a franchi la porte et je l'ai entendu descendre les escaliers. J'étais bloqué. Complètement. Il n'était plus question de blague là. J'ai mis du temps à le comprendre mais mon cerveau avait enfin enregistré l'information. La première question qui m'est venue à l'esprit, c'est « De quel droit fait-il ça ? ». Est-ce qu'il a vraiment le droit de plaquer sa vie, de rendre des gens malheureux juste parce qu'il s'est rendu compte, un peu trop tard, qu'il s'était trompé ? Non. Pas pour moi, en tous cas. Alors j'ai ouvert la valise qu'il avait laissé en plein milieu du salon et j'ai jeté les affaires un peu partout. Je l'ai vidée complètement. Je voulais le retarder, jusqu'à ce que ma mère arrive. Quand il est revenu et qu'il a vu ses affaires éparpillées, il n'a pas réagit. Il n'a pas cherché à les récupérer. Il a juste fait demi-tour et s'est de nouveau engagé dans les escaliers. Je suis allé à sa suite et j'ai hurlé qu'il n'avait pas le droit. Qu'il était lâche de fuir ses responsabilités. Lâche de s'enfuir. Il ne s'est même pas retourné. Il m'a juste dit qu'au contraire, lui, il avait eu le courage de tout recommencer. De ne pas subir sa vie. À ce moment-là, j'ai pleuré. En plein milieu du couloir, je me suis mis à chialer. C'est comme ça que ma mère m'a trouvé.

 

Après ce long récit difficile, Cristobal, qui s'était mis à pleurer, s'assoit lui aussi sur le lit. Christian reste silencieux. Que doit-il dire ? Il n'y a rien à dire. Sans réfléchir, il prend son ami dans ses bras. Lorsqu'il sent que Cristobal répond à son étreinte, il se contente de lui murmurer doucement à l'oreille que ce n'est pas de sa faute. Qu'il a fait tout ce qu'il a pu. Que personne n'aurait pu empêcher son père de partir.

 

Au bout d'une heure très courte, Cristobal se sépare enfin de Christian. Il le remercie. Christian est au moins aussi gêné que lui. Mais pendant une heure, il a eu le temps de réfléchir. Il a trouvé une solution pour que Cristobal aille mieux. Bon, ce n'est peut-être pas la bonne mais ça peut peut-être lui faire oublier ses tourments cinq minutes non ?

 

_ Cris', tu te rappelles que tu me dois une faveur ? Demande Christian.

 

Cristobal hoche la tête, perplexe.

 

_ J'ai un truc pour que tu ailles mieux : Sors avec moi. Ça te changera les idées.

 

Et c'est en voyant Cristobal froncer les sourcils, dubitatif, que Christian se dit, qu'en effet, ce n'est peut-être pas la bonne solution. Du moins, pour Cristobal.

 

(Pour ceux qui connaissent, la situation de Cristobal a été inspirée par "Je l'aimais" d'Anna Gavalda.)

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